Decret n° 93/295 du 03 avril 93 portant nommination de Monsieur Habib Thiam Premier Ministre
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
MESDAMES, MESSIEURS LES DÉPUTES,
En prenant la parole devant vous aujourd’hui pour présenter le programme du Gouvernement que j'ai l'insigne honneur de diriger, avec la confiance renouvelée du Chef de l’état, le Président Abdou DIOUF, je voudrais d'abord rendre grâce à Dieu d'avoir veillé sur notre pays, le Sénégal, et de lui avoir permis, encore une fois, d'écrire une autre belle page de son histoire.
A travers les élections présidentielles et législatives que nous venons de vivre, le peuple Sénégalais a redit, avec force, son profond attachement aux vertus qui ont toujours fait sa noblesse et sa grandeur.
Dans la diversité de nos convictions politiques et de nos idées, certes, mais aussi avec le même puissant sentiment patriotique, nous avons réaffirmé notre volonté et notre détermination à vivre dans une société démocratique, à poursuivre résolument et obstinément la construction d'une nation unie et solidaire, dans un État de droit, un État fort, respecté tant à 1'intérieur qu’à 1'extérieur et soucieux de la promotion et de la défense des droits de l'Homme.
Ce sont les valeurs que voilà qu'incarnent au plus haut point les institutions de la République, parmi lesquelles l'Assemblée nationale occupe une place de choix. Et je voudrais, m’adressant à vous, Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale, vous dire les plus vives félicitations du Gouvernement pour votre élection à ce poste si important et où, j'en suis convaincu, vous donnerez la pleine mesure de votre talent.
Aussi, me permettrez- vous, à vous aussi, Mesdames et Messieurs les Députes, de vous exprimer mes vives félicitations pour le choix démocratique porté sur vos personnes pour représenter le peuple sénégalais au sein de cette auguste Assemblée, vous, honorables Députés, qui êtes les dignes mandataires de la Nation, vous, qui êtes porteurs des nobles aspirations du peuple sénégalais.
Mon Gouvernement et moi-même restons disponibles et ne ménagerons aucun effort pour travailler avec vous dans le cadre d'une collaboration franche mais aussi dans le respect strict de la séparation des pouvoirs conformément à la Constitution.
Je réaffirme ma disponibilité constante et celle de tous les membres de mon Gouvernement à l'égard du parlement et notre détermination à entretenir avec vous des rapports de concertation en nous présentant devant l'Assemblée Nationale chaque fois que la situation l'exigera.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les Députés
Une fois de plus, le Président Abdou DIOUF, s’est illustré, en ancrant davantage notre pays dans la démocratie, par la formation d'un gouvernement de changement, de rassemblement et d'ouverture, au sein du quel quatre formations politiques différentes, le PS, la LD/KPT, le PIT et le PDS-R, unies autour de l'essentiel, ont accepté de travailler ensemble, sous la haute autorité du Chef de l’État, à la consolidation et à l'élargissement de la démocratie et de la justice.
Il me plaît ici de rendre un vibrant tous ces partis politiques qui ont ainsi fait maturité et de courage pour relever, avec grands défis auxquels notre pays est confronté.
Si le Sénégal a réalisé des progrès notables dans le domaine de la stabilité et de la paix intérieures, avec notamment le cessez-le-feu et l'apaisement confronté à intervenu en Casamance, il demeure cependant de multiples obstacles, qui continuent d'entraver nos efforts de développement.
Pour relever une pluviométrie désertification, à ces défis, qui sont liés notamment à insuffisante et déficitaire, à la détérioration des termes de l'échange, à une crise économique internationale qui a bouleversé tous les équilibres, à l'aggravation de la dette et au sous-emploi des jeunes, mon gouvernement, sous la haute autorité du Chef de l’État, a conçu un vaste programme d'actions, dont la mise en œuvre hâtera assurément la grande marche de notre peuple vers le progrès et la modernité.
Je voudrais à présent vous exposer les grandes lignes de ce programme qui mettra un accent tout particulier sur la relance économique.
En matière de relance économique, dans un contexte comme celui que nous vivons présentement et qui est marqué, fondamentalement, par des dysfonctionnements résultant du type-même des relations Nord-Sud, la politique internationale induit une analyse approfondie de notre situation économique afin de définir des orientations et des axes d'interventions qui répondent mieux à nos besoins d'investissements.
En effet, ces derniers mois ont vu se poursuivre, dislocation avec encore plus de vigueur, le mouvement de l'ordre qui fondait les relations internationales depuis près d'un demi-siècle.
Le monde continue, ainsi, à vivre une époque charnière, une période de transition vers un nouvel ordre international qui demeure toujours en gestation.
Il n'est pas exagéré de souligner que beaucoup d'injustice et d'inégalités continuent, aujourd'hui, de compromettre l'équilibre mondial.
Mais, ces temps sont porteurs de nouvelles espérances, même si nous avons le droit de nourrir de légitimes inquiétudes. c'est le cas de 1'Afrique du Sud et vous connaissez le rôle que le Président Abdou DIOUF a joué et continue à assumer pour accélérer la solution de ce problème.
Sur le chapitre des motifs d'espoir, le vent de démocratisation qui, il y a deux ans, avait commencé à souffler un peu partout dans le monde, se propage et s'amplifie. Les valeurs de liberté et de respect du droit qu'il véhicule s'imposent chaque jour davantage comme valeurs universelles.
Mais il se trouve que la coopération internationale pour le développement demeure toujours exclue du champ du renouveau de ce puissant mouvement de remise en cause de 1'ordre politique établi. Le défi du sous-développement demeure entier. Aux anciens blocs